Tampon (nom masculin, subst. masculin)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Bouchon, morceau de bois, d'étoupe, de papier servant à boucher un tuyau, une ouverture, une cavité. "Tampon de liège, de bois. Un de papier."
Il se dit aussi de Petites masses d'étoffe, d'ouate, de papier, etc., roulées et pressées, qui servent à étancher, à frotter, à imprégner. "Nettoyer une plaie avec un d'ouate."
En termes d'Arts, il se dit spécialement de Sortes de bourrelets d'étoffe qui servent soit à vernir un meuble, soit à vernir une planche d'eau-forte soit à la nettoyer, etc. "Vernir au tampon."
"Tampon à encrer," Sorte de boîte métallique renfermant un coussin imprégné d'encre, sur lequel on appuie un timbre gravé pour l'encrer.
Par apposition, "Tampon buvard," Objet de bureau en bois, recouvert d'un côté de papier buvard, qui sert à étancher l'encre.
TAMPON se dit, en termes de Chemins de fer, de Disques métalliques montés sur un ressort, dont chaque wagon est pourvu à ses extrémités et qui servent à amortir les chocs. "Un coup de tampon."
Il se dit figurément de Tout ce qui peut amortir un choc dans l'ordre des relations sociales et politiques. "Il sert de entre eux."
"État ," État dont la situation intermédiaire entre deux autres États empêche entre eux tout contact direct et dangereux, tout heurt immédiat.



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Morceau de bois, de métal, etc. servant à boucher une ouverture. Tampon de liége. Tampon de bois.
    Familièrement. Je m'en soucie comme de colin-tampon, voy. COLIN-TAMPON.

 2   Terme de marine. Morceau de bois conique ou cylindrique dont on se sert pour boucher les trous de la muraille par lesquels l'eau de la mer peut s'introduire dans le bâtiment.
    Tampons d'écubiers, s à l'aide desquels on ferme les écubiers au besoin.

 3   Bouchon fait avec du linge ou du papier. Un de linge. Un de papier.

 4   Bonde d'un étang.

 5   En artillerie, le du grain de lumière est la partie tronconique qui est dans la région voisine de l'âme de la pièce.

 6   Terme de chirurgie. Petite masse d'étoupe roulée qu'on introduit dans une plaie étroite, dans une cavité, pour arrêter le sang, pour absorber le pus.
GENLIS: « On introduit bien avant dans la narine d'où coule le sang un imbibé d'eau styptique »

 7   Par extension, il se dit de tout ce qui bouche.
BONNET: « Ce sont ces mêmes lames d'abord mucilagineuses, ensuite cartilagineuses, qui forment enfin un osseux dans les os qu'on a percés »

 8   Nom donné, dans les convois de chemin de fer, aux têtes rembourrées dont chaque wagon est pourvu.
    Coup de , nom donné aux collisions entre trains de chemin de fer.

 9   Plaque de pierre, de bois ou de fonte, ajustée dans une feuillure pour fermer un orifice horizontal.

 10   Piston de cuvette de garde-robe à l'anglaise.
    Dalle de pierre mobile, dite aussi clef, placée sur la voûte d'une fosse d'aisance pour en boucher l'entrée.

 11   Grosse cheville de bois que l'on met dans les cloisons, entre les solives des planchers, pour soutenir la maçonnerie.
    Cheville de bois ou morceau de cuivre aplati, rivé et soudé au bout d'un tuyau, à deux mètres de la souche d'un jet.
    Cheville de bois que l'on met dans un trou percé dans un mur de pierre, pour y faire entrer un clou, une vis, etc.

 12   Terme de gravure. Rouleau dont se servent les imprimeurs en taille-douce pour appliquer l'encre sur la planche gravée. Tampons pour timbres humides. Boîte à s.
    Petit morceau de taffetas plié en bourse et rempli de coton pour étendre le vernis sur la planche.
    Bande de feutre avec laquelle on introduit, par le frottement, du noir entre les tailles et les hachures, pour juger de leur effet.
    Morceau d'étoffe pour nettoyer la planche quand on a achevé de tirer les épreuves.

HISTORIQUE
    XVème siècle
     le Jouvencel, f° 85, dans LACURNE: Quatre à cinq cens s de bois pour lesditz canons
    XVIème siècle
     Nouv. coust. gén. t. II, p. 137: Les poissons d'un vivier, incontinent le ou ventiseau tiré en saison convenable....
OUDIN: « Un gros [un gros homme] »

ÉTYMOLOGIE
    Autre forme de tapon.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Bouchon, morceau de bois servant à boucher un tuyau, un muid, une cruche, etc., ou quelque autre ouverture. "Tampon de liége. Tampon de bois. Boucher avec des s de sapin les trous faits dans la muraille d'un vaisseau par les boulets de canon."
Il se dit aussi d'Un bouchon fait avec du linge ou du papier. "Un de linge. Un de papier."
Il se dit, dans un sens analogue, en termes de Chirurgie. "Arrêter le sang avec un de charpie, d'amadou."
Pop., "Je m'en soucie comme de Colin Tampon," se dit en parlant D'une chose dont on ne se soucie pas, dont on ne s'inquiète nullement.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. masculin 


Bouchon, morceau de bois, servant â boucher un tuyau, un muid, une cruche, ou quelque autre sorte de vaisseau. "Tampon de liége. Tampon de bois".
Il se dit aussi d'Un bouchon fait avec du linge ou du papier. "Un de linge. Un de papier".
On dit populairement d'Une chose dont on ne se soucie pas, "Je m'en soucie comme de Colin Tampon".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Bouchon, morceau de bois, servant à boucher un tuyau, un muid, une cruche, ou quelque autre sorte de vaisseau. "Tampon de liége. Tampon de bois."
Il se dit aussi d'Un bouchon fait avec du linge ou du papier. "Un de linge. Un de papier."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

TAMPONER, v. act. ["Tanpon", "poné": 3e "é" fermé.] "Tampon", bouchon; morceau de bois servant à boucher un tuyau; un muid, etc.
- On le dit aussi d'un bouchon fait avec du linge ou du papier. = "Tamponer", boucher avec un .



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. masculin 


Bouchon, morceau de bois, servant à boucher un tuyau, un muid, une cruche, ou quelqu'autre sorte de vase. "Tampon de liege. de bois".




Emplacement dans le dictionnaire :

tamis
tamisage
tamisaille
tamisé
tamise
tamiser
tamiseur
tamoul
tampane

tamponné
tamponnement
tan
tanaisie
tancement
tancer
tanche
tanchis
tandem
tandis
tandis




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Émile ZOLA (La Débâcle)

...! -attends que je voie un peu ta caboche. La blessure n'était presque rien, une simple éraflure du cuir chevelu, qui avait saigné beaucoup. Les cheveux, que le sang collait à présent, avaient formé tampon. Aussi se garda-t-il bien de les mouiller, pour ne pas rouvrir la plaie. -là, tu es débarbouillé, tu as repris figure humaine... attends encore, que je te coiffe. Et, ramassant, à côté, le képi d'un...


Citation n°2 de Jules VERNE (L'Île mystérieuse)

...fabriqués et remplis d'acide azotique. L'ingénieur les boucha au moyen d'un bouchon que traversait un tube de verre fermé à son extrémité inférieure et destiné à plonger dans l'acide au moyen d'un tampon d'argile maintenu par un linge. Dans ce tube, par son extrémité supérieure, il versa alors une dissolution de potasse qu'il avait préalablement obtenue par l'incinération de diverses plantes, et, de...


Citation n°3 de Victor HUGO (Les Travailleurs de la mer)

...ne céderait pas, et d'un moment à l'autre la tumeur pouvait se fendre. L'irruption de l'eau recommencerait. En pareil cas, les équipages en détresse le savent, il n'y a pas d'autre ressource qu'un tampon. On prend les chiffons de toute espèce qu'on trouve sous sa main, tout ce que dans la langue spéciale on appelle fourrures , et l'on refoule le plus qu'on peut dans la crevasse la tumeur du prélart....


Citation n°4 de Victor HUGO (Les Travailleurs de la mer)

...mouton, à la peau de mouton la chemise de laine, à la chemise la vareuse. Tout y passa. Il n'avait plus sur lui qu'un vêtement, il l'ôta, et avec son pantalon il grossit et affermit l'étoupage. Le tampon était fait, et ne semblait pas insuffisant. Ce tampon débordait au dehors la crevasse, avec le prélart pour enveloppe. Le flot, voulant entrer, pressait l'obstacle, l'élargissait utilement sur la...


Citation n°5 de Victor HUGO (Les Travailleurs de la mer)

...chemise la vareuse. Tout y passa. Il n'avait plus sur lui qu'un vêtement, il l'ôta, et avec son pantalon il grossit et affermit l'étoupage. Le tampon était fait, et ne semblait pas insuffisant. Ce tampon débordait au dehors la crevasse, avec le prélart pour enveloppe. Le flot, voulant entrer, pressait l'obstacle, l'élargissait utilement sur la fracture, et le consolidait. C'était une sorte de...


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